Développer son leadership n’a rien d’un privilège réservé à une élite née sous une bonne étoile. Ce choix, chacun peut le faire, ou s’y refuser. Pourtant, cette idée se heurte souvent à un mur d’incompréhensions. Certains sont convaincus que le leadership serait gravé dans l’ADN, hors de portée de tout apprentissage. D’autres se persuadent qu’ils n’y arriveront jamais ou n’en sont tout simplement pas capables. Ces deux croyances s’alimentent, s’entretiennent, et verrouillent la porte à tout progrès. Résultat : le terrain reste miné de confusions et de débats sans fin sur ce qu’est, ou n’est pas, le leadership.
Pas étonnant qu’on compte autant de définitions que de spécialistes. Les modèles abondent, parfois diamétralement opposés. Les modèles de personnalité permettent d’y voir plus clair : ils révèlent ce qui distingue les différents styles de leadership, comportements à l’appui.
A voir aussi : Leadership et management : des rôles complémentaires mais distincts
Longtemps, les modèles anciens sont restés rigides, sans tenir compte des découvertes sur la capacité d’apprentissage qui perdure à tout âge. Les perspectives actuelles, nourries par les neurosciences, bousculent cette vision figée. (Pour explorer ces bases, je vous invite à lire cet article sur les questions de leadership.)
Modèles de leadership
Le modèle Insights Discovery, que j’utilise régulièrement, distingue quatre styles de leadership clairement identifiables selon les comportements adoptés. Un même leader peut combiner ces styles selon les situations. (Pour les curieux, l’article sur le profil personnel avec Insights Discovery détaille cette approche.)
A voir aussi : Compétences du leadership : importance, exemples et conseils pratiques

Ces quatre styles font écho aux huit types de personnalités du modèle, offrant un panorama nuancé des manières d’exercer son influence.
Dans d’autres formations, j’utilise aussi le modèle Management Drives, qui met en avant six moteurs de motivation. Chacun façonne un style de leadership, toujours à travers les comportements concrets. (Voir l’article détaillé sur Management Drives pour approfondir ces leviers.)

Les six moteurs de ce modèle dessinent une cartographie précise des motivations qui animent les leaders.
Il existe bien d’autres modèles, chacun avec ses nuances et ses angles morts. Rien d’étonnant à ce que les points de vue divergent. Ce qui reste indiscutable, c’est la capacité du leader à produire un impact, visible chez ceux qui l’entourent.
En fin de compte, le leadership, c’est la faculté d’influencer, et de générer un résultat concret grâce à cette influence. Cette influence ne doit rien à la manipulation. Il s’agit d’un impact éthique, qui respecte la liberté de chacun.
« L’influence est l’art d’amener les autres à vous suivre : croire ce que vous souhaitez qu’ils croient, penser dans le sens que vous désirez, ou agir comme vous l’espérez. » Terry R. Bacon
Assumer son leadership
Chacun porte la responsabilité de son propre leadership.
Se connaître vraiment, s’observer sans fard, c’est là que tout commence. Cette lucidité offre la liberté d’agir autrement. J’ai déjà évoqué ce principe dans l’article « Développez votre responsabilité pour plus de liberté ».
Dans la pratique, il s’agit de repérer certains comportements, d’identifier ses émotions et leurs déclencheurs, d’observer son état d’esprit, puis de choisir sciemment d’ajuster ce qui doit l’être. Cette vigilance permet d’adopter de nouveaux comportements, ou même de transformer sa façon de penser. Apprendre à gérer ses émotions passe par ce même processus de reconnaissance et de prise de recul, comme détaillé dans notre glossaire sur l’intelligence émotionnelle.
À partir de là, une nouvelle dynamique peut s’enclencher, une démarche qui se construit dans la durée.
Leadership = conscience + choix
Changer, est-ce possible ?
Derrière cette interrogation plane une seconde : l’apprentissage est-il réellement accessible tout au long de la vie ?
Ma réflexion porte ici surtout sur l’évolution des comportements, le développement de soi, la capacité à progresser jusqu’à un âge avancé.
À la fin des années 1970, lors de mes études de biologie, l’idée dominante voulait que le cerveau ne renouvelle plus ses cellules après une vingtaine d’années. Autrement dit, apprendre deviendrait chaque année plus laborieux.
Ce que disent les neurosciences
Cette vision appartient au passé. Les recherches récentes prouvent que le cerveau reste capable de se transformer : la neuroplasticité ne s’arrête jamais. À tout moment, de nouvelles connexions neuronales peuvent se former, permettant d’acquérir des connaissances ou de modifier des habitudes, peu importe l’âge.
Qu’il s’agisse de théorie ou de pratiques du quotidien, tout changement profond implique de tisser de nouveaux réseaux neuronaux et, surtout, de délaisser les anciens schémas. Les habitudes sont tenaces car leurs circuits sont solidement installés : tout fonctionne sans effort conscient. Ce phénomène se retrouve dans les quatre étapes de l’apprentissage illustrées ci-dessous.

Tracer de nouveaux chemins
Créer une nouvelle habitude revient à baliser un sentier dans une forêt dense. Les premières fois, il faut bousculer les obstacles, écarter les broussailles. Plus on passe, plus le passage devient évident. Mais si l’on abandonne ce chemin, la végétation le recouvre et tout est à refaire.
Cet exemple explique pourquoi il est si difficile de se détacher d’anciennes habitudes ou de croyances ancrées. Le cerveau préfère ce qu’il connaît déjà.
« Les révolutions les plus difficiles à accomplir sont celles des habitudes et des pensées. » Nicolas de Condorcet
Comment procéder concrètement ?
Chaque nouvel apprentissage forge des connexions neuronales inédites. Même en parcourant cet article, vous renforcez (ou créez) des liens dans votre cerveau.
Cependant, pour qu’un apprentissage « tienne », il doit être entretenu. Relecture, entraînement, répétition : voilà ce qui ancre durablement la compétence, jusqu’à ce qu’elle devienne une seconde nature.
La répétition, surtout au début, est la clé. On ne change pas en s’y essayant une seule fois. Cette réalité, je la constate chaque jour en formation : les nouveaux comportements s’installent grâce à l’exercice régulier, aux mises en situation et au suivi. Sans cela, tout s’efface en quelques jours.
Peut-on vraiment devenir un leader ?
La réponse est claire : oui, il est possible de transformer son leadership, d’accroître son influence, à condition de s’y engager avec régularité et discipline.
Mais il n’existe pas de parcours unique. Les chemins sont nombreux, les compétences variées. La toute première étape consiste à faire le point sur soi-même, à cerner ses atouts et ses axes de progression. Cette conscience de soi, chaque dirigeant doit la cultiver avant toute chose. (Pour explorer cette idée, lisez l’article sur les compétences d’intelligence émotionnelle.)

Ce que je souhaite à travers ces articles, c’est vous accompagner dans cette progression, vous offrir des repères et des outils pour éveiller et amplifier votre leadership.
Qu’est-ce qui vous retient de démarrer ?
Maintenant que tout cela est posé, la prochaine étape appelle à l’action.
Voici trois pistes de réflexion pour engager le mouvement :
- Faites un point honnête sur vos points forts et ce que vous aimeriez améliorer, de façon générale.
- Demandez-vous pourquoi vous souhaitez développer votre leadership.
- Identifiez les compétences précises que vous souhaitez renforcer.
Lancez un document de notes, ouvrez une page blanche et commencez ce bilan personnel. Ce n’est qu’un début, mais il peut changer la donne.
Ce sujet appelle à poursuivre la discussion. Vos questions et retours seront lus avec attention et, qui sait, pourraient nourrir d’autres explorations à venir.
À très bientôt, prêt à franchir le prochain palier.

